lundi, 20 mai, 2019
Le Cœur de TasmanieVoyages

“Le Cœur de Tasmanie” : Chapitre 2 – Le pied est posé

Tasmanie
230views

Les mots de bienvenue du capitaine me retirèrent d’un léger sommeil. Flamboyant grâce au soleil, le hublot réchauffait ma tête alourdie. Sa douce chaleur me berça hors des rêveries, réalisant peu à peu où j’étais assis. J’étais assis et arrivé. Arrivé en Tasmanie. Je savourais cet instant, pris entre satisfaction et excitation. Je mordais mes lèvres de hâte, pensant à la France, aux documentaires que, plus jeune, j’avais pris l’habitude de visionner, ainsi qu’aux lointaines et périlleuses destinations. En ce jour, celles-ci ne semblaient plus hors d’atteinte. Je ne paraissais plus qu’à quelques pas de l’accomplissement, du moins, d’un premier accomplissement, celui de sortir de l’avion.

Soudain, les cliquetis de ceintures des passagers clamèrent en désordre, annonçant que je devais rassembler mes affaires. A mon tour, je pris part à ce concert de bruits. Décidément, le calme et le silence avaient fait place aux voix et agitations.

Une poignée de minutes suffit pour me transporter jusqu’au devant de la porte de l’avion. Je sentais déjà la bise du vent, fraîche et légère, s’inviter entre les hôtesses et moi-même alors que nous nous saluions une dernière fois.

Puis, une fois le pied à terre, tout s’enchaîna très vite. D’abord, les couloirs vides et vitrés, menant progressivement à diverses salles ; quand enfin vînt le tour de la salle de livraison des bagages. D’un bras, j’attrapai mon sac à dos qui somnolait sur le tapis roulant, avant de sauter dans un bus. A présent, direction Hobart, la capitale de la Tasmanie !

Pendant ces trente minutes de trajet jusqu’au centre-ville, je m’égarais à nouveau comme un enfant. Qu’il est bon de se projeter dans l’inconnu, d’imaginer les innombrables perspectives et rencontres à venir ! J’en oubliais presque ce courrier de l’immigration australienne. Je me voyais déjà explorateur, aventurier, archéologue même, réaliser à un certain degré mes rêves de petit garçon dont le plus ambitieux était d’entreprendre des fouilles archéologiques de dinosaures. Néanmoins, soyons honnêtes ! Les seuls descendants de dinosaures qui peuplaient cette île n’étaient autres que les célèbres “Tiger Snakes”, des serpents mortels qu’aucun randonneur n’aimait croiser sur son chemin. Ici, tout le monde le savait, locaux comme touristes d’ailleurs ; et tout le monde aimait répéter à quelques mots près : “La moindre morsure et tu tombes par terre sans te relever !”.

Tasmanie

“The Nook Backpackers !”, s’exclama le chauffeur par-dessus son épaule.

Sitôt entendu, je sautai hors du bus ! J’étais arrivé à destination ! Tout n’attendait que d’être commencé ! Quand, à cet instant, mon enthousiasme pâlit : deux larges portes grisonnantes me dominaient du haut d’escaliers tout aussi tristes. L’entrée ressemblait à celle d’une boîte de nuit qui par définition resterait fermée en pleine journée.

Malgré l’inhospitalité de la façade, j’osai tirer les poignées qui ouvrirent les portes. Marchant à tâtons dans un couloir vêtu de moquette, j’espérais avoir pénétré au bon endroit. Or, plus j’avançais, plus je me questionnais. Quelque chose ici clochait. Ce n’était pas les murs fraîchement peints de gris, ni la lumière naturelle qui transperçait la pièce principale du plafond vitré au parquet de bois, ou encore les plantes vertes qui habillaient tous les coins de cette grande pièce. Non ! Aucun de ces éléments ne me gênaient. Au contraire, ils m’accueillaient avec douceur et réconfort. Je me sentais bien. Déjà ! Néanmoins, quelque chose ici clochait…

“Hi ! Welcome to the Nook!'” me dit une voix enjouée m’extrayant aussitôt de mes interrogations.

Je répondis à mon tour, me délestai de mon sac à dos, puis m’annonçai.

J’étais bien arrivé au “Nook” ! Cette auberge de jeunesse venait tout juste d’ouvrir, il y a une semaine à peine. Ceci expliquait pourquoi encore aucune enseigne officielle ne figurait sur la façade de l’établissement.

Une fois les explications de la réceptionniste conclues, je m’éveillai d’une nouvelle vigueur. La matinée s’était déjà écoulée et je souhaitais visiter Hobart avant de me lancer dans une quelconque exploration en pleine nature.

C’est ainsi, autour d’un café chaud et crémeux, que je discutais un peu plus avec cette même réceptionniste. Malgré l’ouverture récente de l’auberge de jeunesse, la saison des voyageurs ne commençait que dans quelques semaines. Elle avait donc le temps pour discuter. Une trentaine de minutes plus tard, mes mains tenaient déjà un plan de la ville ; et accompagné de nouvelles connaissances, nous sortîmes ensemble afin de respirer l’air de la Tasmanie !

L’après-midi nous embarqua tout d’abord au marché artisanal du port, puis au jardin botanique du “Queens Domain”, au monument aux morts édifié près du Tasman Bridge, ainsi qu’au sommet du mont Wellington, montagne surplombant la ville d’Hobart, nous permettant de contempler une vue imprenable sur la baie : la River Derwent.

Le lendemain, une ambiance musicale “rock indépendant” éveillait doucement les lève-tôt dont je faisais partie. Assis sur un confortable canapé devant une grande table basse, sirotant une tasse de café bien corsé, j’examinais les cartes topographiques achetées la veille, juste avant la fermeture des magasins.

Puis, une fois les provisions regroupées et l’équipement fin prêt, je choisis mon cap : Bruny Island !

Enfin ! Que le vrai voyage de la Tasmanie commence !

Tasmanie

Tu viens de réaliser que tu n’as pas lu “Le Cœur de Tasmanie” depuis son commencement ?! Clique donc ici !

Et si tu es à la page, visite nos autres rubriques “Voyage” et abonne-toi à notre chaîne Facebook pour être sûr(e) de ne pas manquer le prochain chapitre !

Leave a Response

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :