mercredi, 20 mars, 2019
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Les Voyages en Série n°8 : La Sibérie

Sibérie
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Dans cet épisode des “Voyages en Série”, nous suivons Geoffrey. Amateur de défis et de sensations, il parcourt le monde depuis presque 4 ans : du Massif des Vosges français à l’Asie du Sud-Est, en passant par la Norvège ou le désert du Sahara. Aujourd’hui, il nous parle de son périple en Sibérie.

Cette dernière tient son nom du khanat de Sibir, un ancien royaume turcique datant du XVe et du XVIe siècle. De nos jours, nous appelons “Sibérie” cette vaste province d’Asie appartenant à la fédération de Russie. Elle s’étend de l’océan Pacifique aux monts Oural (axe est-ouest) et de l’océan Arctique aux frontières nord du Kazakhstan, de la Mongolie et de la Chine (axe nord-sud). Cet espace compte parmi les plus vastes du monde, mais aussi les moins peuplés. Notons que si la Sibérie représente 77% du territoire russe (13,1 millions de km²), elle ne compte que quelques 39 millions d’habitants (soit 27% de la population).

A présent, commençons…

 

Comment est venue cette idée de t’aventurer en Sibérie ?

Sibérie Geoffrey Lapôtre

Après avoir obtenu mon PVT pour le Japon je me suis dis : “Pourquoi pas se rendre dans ce pays sans prendre l’avion ?!”. Depuis que je suis allé en Norvège l’hiver dernier, j’ai découvert le grand froid, la beauté de la nature remplie de neige et de glace. J’en ai été totalement sous le charme. Du coup, je me suis dit que traverser la Russie pourrait être une très bonne idée, en plus d’être un moyen facile de rejoindre le Japon en prenant le transsibérien, pour ensuite prendre le bateau au départ de Vladivostok et atteindre le pays du soleil levant.

De plus, je suis quelqu’un qui souhaite en découvrir davantage sur les capacités du corps humain. Je dis souvent que “l’on ne dépasse pas ses limites, on les découvre”. C’est pourquoi je suis en train de pratiquer différentes méthodes me permettant de mieux appréhender le froid.

 

Tu vois donc le froid comme un challenge. Peux-tu nous parler de ton plus grand défi sibérien ?

Sibérie Geoffrey Lapôtre

Je comptais me rendre dans la région de Yakutsk qui est l’un des endroits les plus froid de la planète où les températures sont généralement de -50° en hiver. Malheureusement, faute de temps, je n’ai pas pu m’y rendre et j’ai préféré séjourner plus longtemps au lac Baikal.

Comme il est encore trop tôt pour faire de la plongée sous ce lac glacé, j’ai pu découvrir l’expérience du Bania Russe. C’est un bain public comme un sauna, la différence c’est que l’on pénètre dans une petite pièce atteignant 110°. On se fouette le corps avec un branche de bouleau afin d’améliorer la circulation sanguine. Il est ensuite conseillé de plonger dans une source d’eau froide. Et c’est ce que j’ai fait ! Une vingtaine de minutes plus tard, je sautai dans le lac Baikal. La température atteignait 1 à 2 °C. Le ressenti extérieur, quant à lui, était de -25 °C.  Le corps et la tête sous l’eau, je me concentrais sur ma respiration pour y demeurer le plus longtemps possible.

Cela me rappelle mes deux dernières heures passées en Russie. Je devais faire du stop à minuit pour rejoindre l’aéroport. Je suis resté immobile pendant 30 minutes à attendre une voiture. Le froid m’a mis à l’épreuve. Je devais rester concentré sur mon environnement, sur la route et les voitures qui passaient. Rester en éveil sollicitait beaucoup de mon énergie. D’ailleurs, cette nuit fut une des plus éprouvantes de mon voyage.

 

Entre le choc du froid et celui du fouet, on peut dire que ton voyage n’est pas de tout repos ! Est-ce que tu encouragerais ceux qui nous lisent à partir en Sibérie ?

Sibérie Geoffrey Lapôtre

J’encourage quiconque non seulement à partir en Sibérie, et ce quelque soit la saison, mais surtout à affronter tout ce qui nous effraie ! Depuis le début de notre éducation, on nous apprend à bâtir des murs autour de nous, à nous méfier des dangers, des peurs et des craintes.

Malheureusement, c’est de ce comportement que naît la séduisante zone de confort. Rien que le fait de traverser cette immense région en devient exceptionnel et incontournable. Même la ville d’Irkutsk qui compte 400 000 habitants sans qu’il n’y ait quelque chose de particulier à faire à son lot de charmes. On se plonge dans l’histoire de ces villages avant la modernité, ces habitants vivant dans des conditions extrêmes ; et que dire de ceux qui vivent plus au nord encore, bien que certains quittent leur foyer pour s’installer dans les villes.

 

Quels sont les prochains espaces que tu comptes explorer autour de cette vaste région du monde ?

Sibérie Geoffrey Lapôtre

J’ai l’intention de revenir en Russie mais en levant mon pouce et en tendant ma tente. Je souhaite découvrir les montagnes de l’Altaï, proches du Kazakhstan et de la Mongolie, ainsi que les monts du Caucase, non loin de la frontière géorgienne. De plus, les Russes sont très accueillants. Je me dois de les revoir après avoir accepté leurs invitations dans de nombreuses contrées.

Quels seraient tes conseils de voyage pour ceux souhaitant partir à leur tour, que ce soit pour visiter la Sibérie ou toute autre région du monde ?

Sibérie Geoffrey Lapôtre

Je dirais qu’il faut découvrir sa propre façon de voyager. Car il en existe une multitude. Il faut se centrer sur ce que l’on ressent dans le moment présent, se faire confiance, écouter sa petite voix intérieure qui peut parfois nous souffler de “tout quitter” et de partir malgré les anxiétés. Moi-même, je suis passé par ce cheminement. C’est d’ailleurs l’instant le plus difficile car il s’agit d’un véritable apprentissage de vie.

Néanmoins, grâce aux nombreuses expériences de voyage, tu découvriras qui tu es réellement. Des réponses te viendront naturellement au fur et à mesure des obstacles franchis. Et tu te rapprocheras un peu plus de la version de toi-même la plus authentique et d’ailleurs trop souvent enterrée par le mode de vie de nos sociétés.

 

Pour conclure, un dernier message à nous adresser ?

Sibérie Geoffrey Lapôtre

De nos jours, nos sociétés occidentales cherchent à nous faire suivre une seule direction. Mais depuis quelques temps, notamment grâce à internet, l’humanité s’ouvre au monde, s’intéresse aux cultures, aux religions. La jeunesse souhaite vivre de nouvelles expériences et se rend compte que sa survie dépend de celle de la nature.

Je me sens incroyablement chanceux d’être né dans un pays développé et d’avoir reçu cette liberté de voyager où je veux. Lors d’un séjour en Asie, un habitant d’un village m’a dit ceci :

“Peu de gens ont les moyens financiers pour voyager, surtout ici. En revanche, le monde vient à nous. Et nous, nous l’accueillons. Nous apprécions inviter les voyageurs du monde afin de partager nos expériences.”

De mon côté, plus j’acquiers de l’expérience en voyage et plus ma façon de voyager évolue. J’ai passé trois jours en compagnie d’une famille russe dans le transsibérien. J’ai d’ailleurs beaucoup parlé avec leur fille. Ce voyage m’a fait comprendre que si je me trouve sur “la route” depuis si longtemps, c’est parce qu’il faut au fond de moi que je transmette un message à tous ceux qui me croisent. Les baroudeurs sont de plus en plus jeunes. C’est très positif car très formateur ! Ainsi, nous apprenons tous à devenir conscients du monde et à agir avec précaution sur notre belle planète !

Sibérie Geoffrey Lapôtre

Nous souhaitons remercier Geoffrey pour son témoignage riche de sensations et d’enseignements, ainsi que pour ses photos terriblement enivrantes ! Vous pouvez suivre son actualité de voyageur sur son profil Facebook, puisque ses aventures de globetrotteur sont loin d’être terminées !

Vous avez apprécié cet épisode en Sibérie aux côtés de Geoffrey ? Retrouvez ici tous les épisodes de la rubrique “Les Voyages en Série” ! Nous vous disons à bientôt sur MicrocosWeb.com !

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